Chapitre 8 : l’Afrique et le monde
Relations Afrique / reste du monde : portent marque des siècles d’échanges dissymétriques avec l’Europe. Faisceau euro-africain : commerce international, filières migratoires + métissage culturel …
Ces derniers temps, relations Afrique – monde changent avec mondialisation. Commerce s’ouvre à de nouveaux partenaires ( ex Asie) même si échanges Sud-sud restent faibles. Malgré évolutions, Europe garde place dominante => liens privilégiés créent accusations de néo-colonialisme. Mais relations extérieures Afrique évoluent dans contexte situation post-coloniale.
I/ Un continent toujours pourvoyeur de matières premières
Après esclavage, au prélèvement des hommes se substitue celui des produits. Afrique fournit denrées primaires, les métropoles transforment. Transformations territoire africain en cours ( c à d équipement territoire, urbanisation, formation pop) st trop récentes pour changer schéma de dépendance .
dissymétrie échanges Afrique SS – monde : Afrique exporte 90% de produits « primaires »( répartis entre agri et activité extractive). Importations : biens d’équipement, produits manufacturés, produits alimentaires.
A/ De l’or à l’or noir
Certains métaux sont connus depuis longtemps, ex or de Guinée ( allait en Méditerranée pdt l’Antiquité). La métallurgie du fer était active jusqu’au début du XXe s . Ces activités se sont effacées avec l’arrivée des marchandises euros, on entame examen sous sol :
Afrique australe 1880 : filons aurifères + diamants => début aventure minière
Afrique tropicale : recherches difficiles dans régions de forêt dense ( végétation cache relief). Eco minière est devenue importante après 2e GM, mais bcp de gisements restent inexploités ( aujourd’hui encore)
géographie contrastée + évolutive : =/= Etats miniers-pétroliers / Etats tirant leurs ressources d’exportations de l’agri
L’Afrique noire, un « scandale géologique ».
Mais volume + valeur production minière difficile à établir, ex au Congo : guerre + pillage ( du « coltan » surtout, minerais rare). Idem avec diamants : rôle important, mais a également servi à financer les guerres civiles en Angola, Sierra Leone et Congo. ( réseaux exportations – clandestins – vont vers Anvers + Tel-Aviv )
Peu de transformation des métaux : 1% de l’acier, 3% de l’aluminium => industrie se résume à activité extractive.
Sociétés minières et capitaux. Investissements miniers : amarre éco des colonies à celle des métropoles. Ex : l’Union minière du haut Katanga (UMHK), 1906 : archétype gd capitalisme colonial, contrôlée par Société Générale de Belgique.
Après 1945 : capitaux américains. Ex : US Steel, principal actionnaire société gabonaise Comilog ( Compagnie Minière de l’Ogooué), 2e producteur africain de manganèse.
quelle que sit leur configuration, sociétés minières restent sous contrôle ( financier – technologique) des pays ind.
Certains Etats ont voulu nationaliser pour reprendre contrôle, mais bien souvent : échec.
L’Afrique du sud : pôle minier et financier. Ind. extractive : donne naissance à capitalisme national. Fin XIXe : mine stimule création infrastructures.
Dans secteur métaux précieux( or+ platine) , diamants : Afrique sud occupe position mondiale. 2 géants miniers : Anglo-American et Gencor : sont piliers de ce capitalisme qui rayonne en Afrique australe ( et même au delà du continent, car Anglo-American est une multinationale).
B/ L’Afrique du pétrole
Pays Golfe de Guinée (entre Angola et Nigeria) = acteurs à part entière du marché des hydrocarbures. Rente pétrolière : place éminente dans éco pays producteurs + influence sur pol. Gabon + Congo-Brazzaville = Etat rentier par excellence.
Le bassin pétrolifère du Golfe de Guinée. 2000 : prod pays Golfe de Guinée : 5% du total mondial.
**1960’s : début activités pétrolières. Bassin sédimentaire côtier associe gisements marins et continentaux. Exploitation off shore va désormais vers gisements de « mer profonde » -> nouvelles tech de forage. Ex : plate-forme de Nkossa ( 60 km au large de Pointe Noire) : extraction pétrole dans des fonds de plus de 300m.
Gisements continentaux dans cuvette tchadienne et Sud-ouest Soudan : nouvelles perspectives. Construction d’oléoducs ( ex entre Doba ( sud du Tchad) et le port de Kribi ( Cameroun)
Du pétrole destiné à l’exportation. 90% prod est exporté vers Europe + Amérique du nord, car marchés des pays producteurs sont faibles, et la demande de la pop est faible.
Réseau oléoducs -> terminaux où pétroliers partent. Terminal de Warri ( Nigeria) : trafic de 40 millions de tonnes (2e port d’Afrique).
production + exportation sont désolidarisées du continent.
Pétrole exporté à l’état brut, car ind de raffinage peu performante (installation vétustes ex au Nigeria)
Pétrole et géopolitique.
Eco pétrolière et les intérêts financiers qu’elle suscite, est liée à la pol des Etats.
Cf : scandale de la Françafrique, nourrie de l’argent du pétrole : au même titre que les majors anglo-saxonnes.
Enjeux sont énormes pour les pays producteurs, car l’essentiel de leur recette provient de la vente du pétrole (90% au Nigeria et Congo-Brazzaville). Pol forcément lié aux intérêts des groupes pétroliers.
Compagnies les + anciennes datent d’avt l’indep : avec régime colonial, conditions favorables. Après indep, pays producteurs s’ouvrent à la concurrence internationale. Etats s’investissent dans les socs, ss nationaliser pour autant. Ex Etat gabonais : 25 % dans capital des compagnies. Au régime de concession (colonial)se substitue celui du partage de production, plus favorable aux pays producteurs – car ce qui les intéresse ce sont les royalties or si celles ci sont fixées s/ bénéfices des compagnies, elles répercutent variations du cours du brut sur budget des Etats => instabilité budgétaire.
Bcp de grandes compagnies pétrolières internationales sont présentes dans le Golfe de Guinée. Ex Elf : plus des 2/3 de la production du groupe proviennent des filiales dans le Golfe de Guinée.
Un environnement et des populations menacés
Réaction pop du delta du Niger, les Ogoni : combat pol contre Shell. Veulent partage recettes pétrolières+respect cadre de vie des habitants ( 1995 : neuf membres du Mouvt pour la survie du peuple Ogoni » exécutés par dictature militaire nigériane)
Actuellement : compagnies prêtent plus attention à l’environnement naturel et humain.
L’argent du pétrole : un pilier de la corruption. Si activité pétrolière est la branche phare de l’éco africaine, elle donne lieu à des réseaux occultes ( aperçus lors de scandales politico-financiers). Pétrole = vecteur de la grande corruption. Mondialisation entraîne Afrique dans circuit de la corruption ( ex l’affaire Elf) .
Gde opacité autour comptabilité pétrolière, ex au Cameroun : recettes pétrolières étaient placées dans un compte « hors budget », géré par la présidence. Au Nigeria : les généraux ont longtemps confisqué pouvoir + rente pétrolière au détriment du dvt éco + soc.
C/ Des « Etats rentiers » aux économies fragiles
La dépendance des marchés extérieurs.
Eco très vulnérable, donc stabilité pol menacée.
Convention de Lomé (1976) : prévoit mécanismes de compensation et de régulation : régime de préférence entre l’UE et les pays ACP. Deux outils : pour exportations agri ( stabex), et exportation minères ( sysmin)
Mais impuissance pour stopper chute commerciale Afrique SS.
Ex vulnérabilité : choc pétrolier 1973-4 : Afrique bénéficiaire ( baril 8 -> 35 $) ; mais a subit conséquences du contre-choc de 1986.
ces importantes variations menacent les budgets des Etats qui tirent bcp de bénéfices du pétrole.
De + : endettement de ces Etats ( pour financer leur croissance) ex Congo-Brazzaville : dette = 247% de son PNB ( 1997)
L’Afrique prisonnière d’une économie primaire. Mondialisation = masque colonialisme/ actuellement impérialisme ? Eco occidentales : veulent que l’Afrique les approvisionne en matières premières. Afrique noire : prisonnière d’une éco primaire d’exportation contrôlée par multinationales ( capitaux + tech)
II/ Entre Nord et Sud : des changements en cours
Relations Afrique-monde : composante pol + culturelle ( au delà de l’éco).
A/ Des stratégies politiques en cours de réévaluation
L’après guerre-froide.
E.U : influence par le biais du FMI et de la Banque mondiale. Afrique : dépendance éco + financière vis à vis du Nord ( qui = en qq sort la 1ere puissance mondiale)
France : affaiblissement des liens avec l’Afrique. Ex : suppression ministère Coopération en 1998 : annonce normalisation relation franco-africaines.
Coopération militaire : redéploiement français en Afrique ; mais, par ex, base française de la Mer Rouge est plus tournée vers pays arabes et océan indien.
La zone franc : un héritage colonial en suspend ? Considérée par certains comme une survivance anachronique des relations néo-coloniale France-Afrique. De +, rôle tutélaire du Trésor français va à l’encontre des orientations libérales de la mondialisation.
Interrogations demeurent par rapport aux relations futures de la Banque de France et de l’UEMOA et de la CEMAC. Avenir zone franc : dépend de leurs performances éco + capacités à développer coopérations régionales + dynamiser marché de 100 millions d’habitants.
L’aide publique au devt en diminution. Baisse des aides : Afrique SS : 19 milliards de $ en 1994, 12,5 milliards en 1999. Aides attribuées en fonction de l’aspect démocratique de la vie politique, et par ailleurs, les résultats des ces aides ne furent pas à la hauteur des attentes.
Principal donneur : France 1995 : 2 364 milliards de $, 1999 : 1 467
Fut longtemps cantonnée aux pays de la zone franc, puis le champ s’élargit avec la « Zone de solidarité prioritaire ». Afrique SS est au centre du dispositif français, cepdt les aides ont diminué en 10 ans : 57% - 45%
La criminalisation des échanges. Afrique SS : a rejoint le reste de la planète dans le commerce des drogues ; sert de relais pour la cocaïne sud-américaine + héroïne asiatique.
+ Trafic de diamants( Angola, Ex Zaïre…), commerce d’armes …
Faussent les données du commerce extérieur
L’information mondiale : enjeux pour l’avenir.
L’Afrique n’échappe pas à la mondialisation de et par l’image.
Dans les pays francophones, le journal télévisé des gdes chaînes françaises est couramment diffusé . Séries américaines, dessins animés japonais sont diffusés en Afrique .
Afrique du Sud : 125 téléviseurs pour 1000 habitants contre 5 en Ethiopie. => ces émissions traduisent et confortent domination technologique et culturelle des pays du Nord ( surtout USA)
Face à cela : Afrique souhaite exprimer son identité, son « exception » culturelle.
B/ L’attraction migratoire européenne
De lourdes contributions humaines aux guerres européennes.
Les flux migratoires contemporains : en priorité vers les métropoles (connaissance langue + affinités culturelles) c à d GB, Belgique, France, Portugal. Migrants éco, puis demandeurs d’asile politique ( fuient dictature + guerres)
Filières clandestines -> situations irrégulières. Pop venue d’Afrique SS en UE en 1993 : 830 000 habitants.
Migration = ressource vitale pour certains pays d’Afrique sahélienne avec apport financier des diasporas. Réseaux sont bien organisés entre lieux d’acquisition de l’argent et lieux de réception. Migration concernait jeunes hommes célibataires, puis les femmes avec le regroupement familial.
En France : Sénégalais, Maliens composent la majorité des migrants. Puis : Congolais entre Belgique et France.
A travers ses nombreux réseaux, la migration prend la forme d’une nouvelle diaspora noire par le biais de laquelle les liens de l’Afrique SS avec le monde s’étoffent et se diversifient : nouveaux horizons.
Formation supérieure et « fuite des cerveaux ».
En effet : crise financière Etats africains grippe système universitaire, donc étudiants sont encouragés à aller faire leurs études à l’étranger.
Pour les Africains ayant obtenu leur diplômes en France/ Amérique du nord : question du retour se pose. Car systèmes politico-administratifs sont saturés. Tentation : rester au Nord.
la fuite des cerveaux existe, et elle prive l’Afrique du bénéfice de son investissement dans la formation .
C/ Des potentialités touristiques peu exploitées.
Afrique = immense réserve touristique en friche. Guerres, famines, misère et sida n’attirent pas les touristes. Donc / et de plus : déficit structurel d’équipements touristiques, d’infrastructures hôtelières, ou de moyens de transports. Ex Ethiopie : a monuments, patrimoine, mais difficultés d’accès et manque d’hôtels.
Un patrimoine naturel riche mais menacé. Vision fréquente : Afrique fourmille de gds troupeaux, est un territoire soumis à la nature … Cependant, continent noir n’est + une gde réserve de vie sauvage. A perdu de son potentiel faunistique en qq décennies. Certaines espèces sont menacées/ en voie de disparition ( massacres d’éléphants etc). + extension des terres cultivées, chasse peu contrôlée, armes à feu => appauvrissement patrimoine.
Dispositions furent prises ( dès 1920) pour protéger animaux, création de réserves etc. Cepdt administrations ( manque moyens/volonté) : impuissantes pour stopper contrebande espèces animales, braconnage. De +, parcs et réserves sont menacés par extension démographique.
Sauf gd parc dans cuvette congolaise : Salonga ( 3 600 000 ha).
Organisations internationales font pression : ex ONG, comme WWF, se multiplient.
La nature spectacle. « tourisme de vision » ex safari ( principale ressource du Kenya). Parc du Serengeti en Tanzanie : le + riche du continent. Zimbabwe : Victoria Falls. Lodges : hôtels alliant confort et immersion dans la nature.
Quand ressource animalière moins importante : on cherche à valoriser la flore, l’activité paysanne. Initiatives locales se multiplient pour devt tourisme
Mais : tarifs aériens Europe – Afrique sont les + hts du monde : coûts prohibitifs et absence infrastructures
Le soleil de l’Europe. Afrique noire possède un atout : sa « tropicalité », c à d le soleil – mais elle ne le met pas en valeur. Européens vont vers le soleil ; donc privilégient la Thaïlande ou les Antilles. Or les complexes touristiques de l’Afrique ( côte kenyane, sénégalaise) sont îlots perdus dans l’immensité des littoraux.
L’Afrique noire a gds espaces + soleil, mais n’est pas destination de tourisme de masse : incertitudes pol + violences repoussent investisseurs. Ex Sierra Leone : avait compté sur tourisme balnéaire, mais la guerre a tout arrêté.
De plus, comme dans bcp de pays en devt, tourisme africain = tourisme d’enclave : clientèle n’a presque pas de contacts avec la pop. Et tombe dans clichées ex « danses traditionnelles » etc –seules relations personnelles peuvent stopper suspicion des touristes face à banalisation insécurité urbaine.
seuls devt + paix pourront intégrer Afrique à l’autre facette de la mondialisation qu’est la circulation des hommes
D/ Influences croisées et métissages culturels
Apports Afrique au patrimoine humain sont importants ; existent faisceaux de relations sud-nord nord-sud avec entrecroisement de cultures. Actuellement : renouveau de la culture africaine après son déni ( colonisation) : revendication de sa place dans l’universel humain et à la fois de ses spécificités.
Afrique : encore tradition orale avec « l’arbre à palabre » dans pays de savanes, « le corps de garde » dans pays forestiers -> élaboration lien social par la parole ( récits des généalogies ancrent auditeurs dans le temps)
En Afrique occidentale demeure le griot, le poète ( porteur de mémoire) . Malgré apparition de recueils de tradition orale ( écrits ou enregistrés) qui la dénaturent, l’écrit ne peut se substituer à la trad orale car celle ci est accompagnée de danses, de chants, une gestuelle symbolique => expression totale : fondement de l’animisme ( +de frontière entre âme et corps), l’humain épouse le divin.
Négritude et mondes noirs. Léopold Sédar Senghor : formé en France, porteur d’une double culture. Fut président du Sénégal de 1960 à 1981 : représente génération d’intellectuels noirs qui revendiquèrent valeurs négro-africaines durant la colonisation. 1935 : fait naître concept de « négritude » avec Aimé Césaire. 1947 : fondent la revue « Présence africaine » -> affirmation valeurs culturelles africaines qui s’élargit à toute la diaspora noire. En effet : résonance entre Afrique et Amériques noires ( traite) dans domaines expression religieuse et artistique.
L’Afrique et la planète des arts. Bcp d’artistes s’inspirèrent de l’Afrique noire ( ex Picasso). « art nègre » catalogué dans les arts 1ers. Pour les Européens, œuvre d’art africaine = masques + objets rituels présents dans collections du Nord. Mais esthétique de l’objet rituel inséparable de la signification ; or, magie et rituels symbolique ont eu tendance à disparaître pendant colonisation.
Ecole de peinture de Poto Poto ( Brazzaville) : mêle influences euro et sensibilité africaine : peintre congolais très recherchés par amateurs => Esthétique métisse.
Ces artistes ne s’enferment pas dans thèmes africains ex le sculpteur Ousmane Sow a représenté la bataille de Little Big Horn.
Afrique s’insère + facilement dans le monde par l’art que par la seule prod économique.
La création littéraire et cinématographique.
Public européen touché – lectorat africain restreint ( analphabétisme + prix trop élevé)
Cinéma : le FESPACO ( Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) : gd dynamisme + talent : mais obstacles éco au devt.
Des musiques à l’unisson du monde. Origines du jazz, ou actuellement le rap : rapproche villes d’Europe, d’Amérique, d’Afrique. ( non anodin car musique peut participer à la vie pol ex pdt manifs étudiantes en Côte d’Ivoire contre le président Konian Bédié : conduites sur rythmes du « zouglou » et du reggae ivoirien.
fort potentiel de création en Afrique (entravé par vision misérabiliste des pays occ)
Afrique présente dans l’art et la culture, mais également le sport ( football, athlétisme : audience internationale + fin des différences)
Afrique noire renoue avec l’universel ; sa relation avec le monde non réduite à de l’éco ; son devt dépend + de la libération de ses énergies créatrices présentes dans les actuelles mutations . Nouvelle génération prend relais : sera porteuse de changements
.